La défense du Canada – Là où les capacités océaniques ont une portée profonde

La défense du Canada – Là où les capacités océaniques ont une portée profonde

Lorsque des Canadiens pensent à la défense, ils pensent probablement d’abord à des interventions militaires, à des batailles non livrées ou à la sécurité continentale. Toutefois, la nouvelle Stratégie industrielle de défense (SID) du Canada porte sur quelque chose de plus grand. Il est plutôt question de prospérité, de développement économique, d’emplois et de la sécurité. Et, en son cœur, se trouvent la souveraineté nationale du Canada et un changement transformationnel dans la façon dont nous l’abordons.

En tant que nation océanique ayant le plus long littoral du monde comptant des milliers d’entreprises et d’institutions de recherche de renommée mondiale, le secteur océanique de notre pays est robuste et performant, prêt à croître rapidement, et au centre de l’avenir de la sécurité nationale du Canada. Le message central de la nouvelle SID du Canada porte sur la création et le maintien de capacités de défense essentielles au pays. Moins largement connu, une grande quantité de ces capacités qui relèvent de technologies océaniques et de possibilités de bivalence sont déjà présentes à travers le pays.

Que ce soient des systèmes de détection marine, des navires autonomes, une infrastructure de surveillance de l’Arctique, la capacité de construction navale et les plateformes de données activées par l’IA, tous ces éléments sont identifiés comme étant des domaines prioritaires pour le développement souverain. Ce ne sont pas là des catégories abstraites de défense. Elles représentent l’épine dorsale opérationnelle de la façon dont le Canada comprend la situation de ses eaux, maintient sa présence dans le Nord, protège les chaînes d’approvisionnement et réagit aux pressions géopolitiques émergentes. 

La technologie océanique n’est plus un créneau. C’est un élément essentiel pour notre souveraineté.

La capacité du Canada à surveiller ses trois côtes, ses infrastructures hauturières, ses routes maritimes, ses pêches et ses passages nordiques dépend de plus en plus de réseaux intégrés de détection océanique et de l’analyse des données en temps réel. Des satellites seuls ne peuvent pas fournir cette visibilité. Une sensibilisation maritime continue nécessite des plateformes de capteurs dans l’eau, des systèmes de surveillance autonomes et des outils d’IA capables de traiter des ensembles massifs de données environnementales et opérationnelles.

Le Canada possède déjà une vaste expertise dans ces domaines. Au sein du réseau de Supergrappe des océans du Canada comptant 1 000 membres d’un océan à l’autre, des entreprises de toutes tailles collaborent, et prennent de l’expansion dans le processus, avec le milieu universitaire, la collectivité, les investisseurs et les gouvernements pour développer des systèmes de surveillance avancés, des plateformes de renseignements environnementaux et des véhicules marins autonomes conçus pour des opérations dans des environnements difficiles et éloignés. À mesure que la modernisation de la défense s’accélère, ces capacités seront essentielles non seulement à l’état de préparation militaire, mais aussi aux opérations de la garde côtière, à la protection de l’environnement et aux interventions d’urgence.

La souveraineté dans l’Arctique l’illustre très clairement alors que des infrastructures plus fiables, une meilleure connaissance de la situation, une logistique résiliente et des technologies capables de fonctionner dans des conditions climatiques extrêmes s’avèrent nécessaires. Les systèmes de surveillance des glaces, les outils de navigation autonomes, les plateformes de télédétection et les solutions océaniques adaptées au climat jouent tous un rôle dans le maintien de la présence opérationnelle du Canada. Cela est aussi vrai pour un partenariat significatif avec les collectivités autochtones et nordiques, dont les connaissances, la présence et l’intendance ont façonné ces régions pendant des générations. 

Les systèmes autonomes et sans équipage démontrent une nouvelle fois le changement en cours dans la capacité de défense. Ces technologies étendent la portée opérationnelle, réduisent les risques pour les travailleurs et permettent une surveillance continue dans de vastes zones marines à moindre coût. Pour un pays responsable de millions de kilomètres carrés de territoire océanique, des systèmes autonomes évolutifs sont désormais une nécessité pratique.

L’intelligence artificielle relie non seulement ces solutions océaniques, mais c’est un domaine particulièrement fort pour le Canada, représentant aujourd’hui plus de 60 % du portefeuille de projets de Supergrappe des océans du Canada. L’IA soutient désormais la fusion des capteurs, la maintenance prédictive des navires, la sécurité de la navigation, la détection des menaces et l’optimisation logistique. Des investissements dans des systèmes marins souverains fondés sur l’IA offrent des avantages au-delà de la défense, en soutenant la gestion des pêches, la sécurité maritime, la surveillance du climat et l’avenir du transport maritime. Les mêmes technologies qui protègent la sécurité nationale renforcent également notre productivité économique et contribuent à un environnement océanique plus sain.

Le cadre « Construire, Collaborer et Acheter » de la nouvelle stratégie reconnaît cette réalité en mettant l’accent sur la participation industrielle nationale dans des domaines technologiques clés. Par une mise en œuvre efficace, cette approche peut aider à faire en sorte que les entreprises canadiennes ne soient pas seulement des sous-traitants dans des programmes mondiaux, mais aussi des contributeurs à la conception, au développement et au soutien de systèmes critiques. Cette distinction est des plus importante. Il ne s’agit pas seulement de posséder de l’équipement, mais aussi de contrôler la propriété intellectuelle, de maintenir une main-d’œuvre qualifiée, de soutenir les chaînes d’approvisionnement nationales et d’être en mesure d’adapter des systèmes au besoin. 

La Stratégie industrielle de la défense vient confirmer qu’Ottawa comprend bien cette transition. La prochaine étape consiste donc à s’assurer que les décisions en matière d’approvisionnement, les programmes d’innovation et les partenariats industriels viennent constamment renforcer cette capacité nationale.

Supergrappe des océans du Canada et son réseau de pôles d’innovations océaniques à travers le pays possèdent un portefeuille de plus de 150 projets évalués à plus de 600 millions de dollars, dont plusieurs dotés de capacités de bivalence prêtes à être déployées pour renforcer notre sécurité. Cela, combiné à une ambition commune de faire passer l’économie océanique du Canada à 220 milliards de dollars grâce à Ambition 2035, met la grappe océanique nationale du Canada en position d’appuyer la stratégie de défense du gouvernement et d’accélérer les solutions et les capacités locales.

En tant que pays défini par ses océans, notre souveraineté repose sur ce que le Canada construit chez lui.