L’occasion d’innovations maritimes bivalentes

Si vous pouvez démontrer que votre technologie fonctionne dans des activités maritimes, vous possédez alors une base pour devenir une entreprise mondiale.

L’océan est un environnement difficile. C’est pourquoi une innovation maritime peut être apportée plus rapidement dans le secteur de la défense

Le Canada est une nation maritime bordée par trois océans et façonnée par de longs littoraux, de ports très fréquentés et des eaux du Nord qui exigent des compétences, pas du sensationnalisme.

J’ai commencé ma carrière en tant qu’officier du génie naval dans la Marine royale canadienne, puis je suis plus tard devenu entrepreneur. Ces deux mondes m’ont toutefois appris la même leçon : l’environnement marin est impitoyable, et il vous met rapidement la réalité en pleine figure. Le sel, le froid, la corrosion, les vibrations et la connectivité intermittente posent des défis importants pour l’innovation. Par conséquent, si votre technologie fonctionne autant en mer que sur le front de mer, vous avez alors déjà passé un test auquel la plupart des secteurs ne sont jamais confrontés.

C’est la raison pour laquelle de nombreuses entreprises de technologie océanique sont plus près de la pertinence pour la défense qu’elles ne le pensent. Et comme les activités maritimes génèrent d’énormes volumes de données émanant des opérations et de capteurs, l’IA passe d’un avantage agréable à avoir à un avantage réellement opérationnel.

Raisons pour lesquelles cela importe maintenant pour le Canada

La nouvelle Stratégie industrielle de défense du Canada établit clairement une chose : la sécurité nationale et la souveraineté, ce n’est pas seulement une question de ce que nous achetons, mais c’est aussi une question de la force des entreprises canadiennes qui peuvent concevoir, fabriquer et maintenir leur capacité au fil des décennies.

Du point de vue de SOC, il s’agit d’une occasion significative pour le secteur des océans. En démontrant notre technologie à la maison, nous ne répondons pas seulement aux besoins nationaux, mais nous bâtissons également des bases solides pour que les produits et services maritimes canadiens puissent concurrencer sur les marchés alliés, là où la fiabilité compte plus que le sensationnalisme. Si vous avez une attirance pour l’espace maritime commercial, vous avez déjà l’une des « cartes de visite » les plus crédibles au monde.

« Prêt pour l’océan », c’est plus qu’un slogan

La défense n’a pas seulement besoin d’idées brillantes; elle a besoin d’équipements qui n’arrêteront pas de fonctionner lorsque les conditions deviennent difficiles. La défense a besoin de systèmes qui offrent :

  • La fiabilité : des systèmes qui continuent à fonctionner dans des conditions difficiles et qui fonctionnent toujours après des mois d’opérations réelles, pas seulement pendant une démonstration contrôlée.
  • La durabilité : des outils qui peuvent être entretenus avec des pièces de rechange pratiques, de la documentation et des mains formées, afin qu’ils puissent être déployés à grande échelle de manière répétée, en particulier dans des environnements éloignés et difficiles.
  • La sécurité et l’interopérabilité : Les systèmes doivent fonctionner avec d’autres systèmes et demeurer protégés contre les cybermenaces.
  • L’évolutivité : Les systèmes doivent passer d’un « succès ponctuel » à quelque chose que nous pouvons déployer de manière fiable et répétée, sans devoir les réinventer chaque fois.

En termes clairs : l’environnement marin est un test de résistance intégré. Si vous vendez à des ports, à des entreprises hauturières ou de surveillance côtière, vous êtes déjà évalué par rapport à ces réalités. Les clients du secteur maritime ont une tolérance quasi nulle pour les temps d’arrêt; ce qui est d’ailleurs un état d’esprit qui correspond bien à la sécurité nationale.

IA sur le front : parce que le milieu de l’océan n’a pas de nuage

Nous nous noyons dans des données, mais nous sommes affamés de connaissances exploitables. Les opérations maritimes modernes génèrent des quantités massives de données, provenant notamment de radars, d’AIS, d’imageries, de dispositifs acoustiques, de la télémétrie, de la météo, etc. Le défi n’est donc pas au niveau du manque de données, mais plutôt au niveau de la rapidité avec laquelle nous pouvons interpréter ces données pour évaluer la situation.

Dans un environnement comportant des enjeux élevés, un opérateur n’a pas besoin d’un vidage de données brutes, il a besoin d’une image claire et d’une confiance par lesquelles il peut prendre action. C’est à ce moment que l’IA entre en jeu. Dans tout l’écosystème de SOC, nous voyons l’IA se rendre sur place; ce qui signifie qu’elle s’exécute directement sur le navire ou la bouée plutôt que d’attendre une liaison satellite avec un serveur à terre.

Cette rapidité « des données à la prise de décision » est essentielle. Que vous optimisiez les activités commerciales ou que vous gardiez une vigilance constante face à des activités non identifiées dans des eaux éloignées, l’objectif est le même : passer des données brutes à une action confiante avant la fermeture de la fenêtre. Dans les contextes de la défense, cette rapidité doit s’accompagner d’une surveillance humaine éclairée, d’une traçabilité et d’un traitement sécurisé des données.

L’obstacle : technologie par rapport à l’adaptation

La question qui se pose maintenant est la suivante : pourquoi ne voyons-nous pas davantage d’innovations océaniques se déployer rapidement dans le secteur de la défense? C’est parce que la « bivalence » n’est pas seulement une étiquette; c’est un travail d’adaptation.

Les innovateurs maritimes font souvent face aux mêmes obstacles :

  • Le langage : les exigences, la conformité et les cadres des risques peuvent sembler être un dialecte étranger.
  • Les délais : les cycles d’approvisionnement de la défense peuvent être plus longs que les cycles commerciaux; vous avez donc besoin d’un plan qui garde les revenus en mouvement pendant la procédure de vérification de l’admissibilité.
  • Le manque de confiance : la défense vous demandera d’où viennent vos données, la façon dont vos modèles se comportent dans les situations de missions critiques et les moyens par lesquels les humains peuvent garder le contrôle.

Aucun de ces éléments n’est insurmontable, mais il peut être difficile de les gérer seuls, en particulier pour les PME ayant des ressources limitées. Il est possible de monter à bord d’un navire naviguant par forte houle, mais cela est grandement facilité par le pilotage.

La souveraineté, c’est une question de personnes, pas seulement de géographie

Si le Canada prend au sérieux la souveraineté « d’un océan à l’autre », alors la participation des autochtones et des Inuits doit être considérée comme fondamentale et non comme une question secondaire.

L’orientation du Canada en matière de défense met l’accent sur des partenariats plus solides dans le Nord. En pratique, cela signifie élaborer des programmes qui respectent les priorités communautaires et créent des capacités locales. Un système n’est vraiment « prêt pour la défense » que si les habitants de la région font partie du leadership, de la formation et du modèle de soutien à long terme. Cela signifie créer des voies pratiques vers la formation, l’emploi, les rôles dans les opérations locales et la capacité de soutien durable.

Façons dont SOC peut vous aider

Le rôle de SOC est d’aider les innovateurs océaniques du Canada à prospérer. Pour les entreprises qui décident que la défense est un secteur qu’elles aimeraient explorer, SOC continuera d’élaborer des programmes et des voies qui rendront cette exploration plus pratique et plus susceptible de réussir, sans perdre de vue les réalités commerciales.

Le soutien de SOC peut inclure l’orientation dans l’écosystème, le soutien à l’adaptation et la connexion avec des partenaires qui peuvent aider dans le processus de validation, de l’intégration et de la mise à l’échelle. Cela inclut de veiller à ce que les partenaires autochtones et inuits contribuent à façonner les solutions et à intégrer des connaissances locales dans la façon dont les systèmes sont conçus, testés, déployés et soutenus d’un océan à l’autre.

Si la défense fait partie de vos projets, n’attendez pas l’appel d’offres parfait. Documentez votre « résistance à l’eau salée », définissez vos principales lacunes en matière de préparation (sécurité, intégration, prise en charge) et soyez prêt à vous engager. SOC continuera d’élaborer des programmes pour aider les membres à adapter l’attractivité commerciale en pertinence pour la défense et à faciliter les liens avec des partenaires qui peuvent valider et évoluer.

De : James Craig, directeur du développement de Canada’s Ocean Supercluster