Le 30 septembre, nous rendons hommage aux survivants des pensionnats, aux enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux, ainsi qu’à leurs familles et à leurs collectivités. La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation est une occasion d’écouter, d’apprendre et de se souvenir. Elle doit également nous inciter à agir.
Pour Workforce Warriors et Supergrappe des océans du Canada (SOC), une réconciliation économique signifie bâtir une économie dans laquelle les Premières Nations, les Inuits et les Métis peuvent connaître des carrières enrichissantes, exercer un leadership et façonner leur propre avenir. Cette possibilité ne devrait pas nécessiter de mettre de côté la culture, l’identité ou les responsabilités communautaires.
Le gouvernement fédéral s’est engagé à mettre en œuvre les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation en partenariat avec les peuples autochtones. Pour transformer cet engagement en changement durable, les gouvernements, l’industrie, les organisations autochtones et les collectivités doivent collaborer en tenant compte des priorités autochtones qui guident le travail ( Relations Couronne-Autochtones Canada, 2026).
L’Appel à l’action 7 demande au gouvernement fédéral d’élaborer une stratégie conjointe avec des groupes autochtones en vue d’éliminer les écarts en matière d’éducation et d’emploi. L’Appel à l’action 92 incite le secteur des entreprises à adopter la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones comme cadre de réconciliation. Il préconise un accès équitable aux emplois, à la formation et à l’éducation, à des avantages durables à long terme pour les collectivités autochtones découlant du développement économique, et un consentement libre, préalable et éclairé avant de procéder à des projets de développement économique. Ces responsabilités requièrent une action coordonnée et non des efforts isolés. (Centre national pour la vérité et réconciliation 2026).
Notre partenariat offre une contribution pratique par le biais du Programme Transition de carrières autochtones (ICPP). Menée par Workforce Warriors, la phase actuelle, ICPP 3.0, réunit le développement de la main-d’œuvre dirigé par les autochtones et le réseau d’investissements et d’industries de SOC, aux côtés de partenaires Clear Seas et du Conseil des technologies de l’information et des communications. Ensemble, nous connectons les talents autochtones aux possibilités offertes par l’économie océanique du Canada.
L’ICPP ne crée pas simplement un espace et de la place pour les peuples autochtones dans la main-d’œuvre, il démontre ce qui devient possible lorsque le leadership, l’excellence et les façons de savoir autochtones contribuent à façonner la main-d’œuvre elle-même. Grâce à l’emploi soutenu par les salaires, au mentorat, aux compétences culturelles, au soutien personnalisé des participants et à la préparation des employeurs, ICPP construit un écosystème conçu pour que les gens non seulement y entrent, mais aussi pour y appartenir, diriger et progresser. Ce faisant, il met les connaissances et l’innovation autochtones au premier plan en renforçant les milieux de travail et en créant des approches de perfectionnement de la main-d’œuvre qui peuvent nous être bénéfiques à tous.
Il s’agit là du développement de la main-d’œuvre, pas simplement du recrutement.
Au cours de la première année de cette phase, l’ICPP a obtenu 25 placements de personnel dans huit industries, pour un salaire moyen d’environ 85 000 dollars. Les femmes et les personnes de divers genres représentaient 60 % des participants.
Ces résultats démontrent ce qui devient possible lorsque le leadership autochtone, les relations avec l’industrie et les investissements travaillent ensemble. Mais le nombre de placements ne dit pas tout. Le succès doit aussi signifier le maintien en poste, les possibilités de leadership, la responsabilisation des employeurs et les avantages que les collectivités autochtones définissent pour elles-mêmes. L’emploi ne saurait remplacer le respect des droits des autochtones et l’autodétermination.
L’appui du gouvernement du Canada par l’entremise de SOC a contribué à faciliter cette collaboration. Bâtir sur cette base exige maintenant un engagement soutenu et plus fort.
Nous demandons au gouvernement fédéral, de concert avec les partenaires provinciaux et territoriaux, d’accroître les investissements dans les collectivités autochtones et le développement économique dirigé par les autochtones. Cela signifie soutenir les peuples et les collectivités autochtones non seulement pour participer à l’économie canadienne, mais aussi pour aider à la façonner en tant que travailleurs, dirigeants, entrepreneurs, innovateurs, propriétaires d’entreprises et partenaires du développement. Des investissements prévisibles, flexibles et pluriannuels devraient rehausser les capacités des collectivités, renforcer les entreprises autochtones et la propriété, créer des voies vers des carrières et un leadership significatifs, et soutenir les relations et l’infrastructure nécessaires à la prospérité à long terme. La réconciliation économique ne se limite pas à ouvrir des portes à des possibilités; elle exige un investissement dans le leadership, le savoir et l’innovation autochtones dans le cadre de l’avenir économique du Canada.
Les gouvernements doivent également travailler avec les partenaires autochtones pour définir le succès et mesurer les progrès. Des employeurs doivent investir dans des milieux de travail respectueux, une progression de carrière significative et des voies vers le leadership. Les collectivités autochtones doivent disposer des ressources et du pouvoir décisionnel nécessaires pour façonner la main-d’œuvre et les possibilités économiques en fonction de leurs propres priorités, y compris l’emploi, l’entrepreneuriat, le développement des entreprises, la propriété et les avantages communautaires. La collaboration signifie rassembler ces responsabilités, et non pas de les transférer aux collectivités.
L’ICPP présente une perspective encourageante. Notre responsabilité commune est de renforcer ce qui fonctionne, d’apprendre ensemble et de créer plus de possibilités sans compromettre le leadership autochtone.
En ce 30 septembre, rendons hommage aux survivants en intégrant les appels à l’action dans les décisions que nous prenons, les partenariats que nous bâtissons et les ressources que nous engageons. La réconciliation économique exige plus qu’une entente sur un objectif commun. Elle a besoin d’un soutien soutenu pour y parvenir ensemble.
De : Workforce Warriors