De l’innovation océanique à la capacité souveraine : Pourquoi l’avenir maritime du Canada dépend-il de ce que nous construisons chez nous

En octobre dernier, Supergrappe des océans du Canada (SOC) et le ministère de la Défense nationale (MDN) ont signé un protocole d’entente visant à renforcer l’écosystème de la capacité de détection marine du pays. Ce protocole vient établir un cadre pour rassembler les parties prenantes, rechausser la sensibilisation au sujet des forces du Canada, explorer des projets pilotes et des démonstrations, ainsi que mobiliser l’industrie, des chercheurs et des partenaires autochtones.

Il soulève également une question plus vaste. À mesure que la demande de sensibilisation augmente à travers nos trois océans, de quelles façons pouvons-nous renforcer la capacité industrielle du Canada en vue de répondre à ces besoins et donner plus de choix au Canada sur ce qu’il construit, où il s’associe et ce qu’il achète?

Pourquoi l’océan, et pourquoi maintenant

Le Canada possède le plus long littoral du monde. Savoir ce qui se passe dans ces eaux nécessite des capteurs, des systèmes autonomes et sans équipage, la fusion de données et des entreprises qui les conçoivent, les intègrent et les soutiennent.

Une grande partie de cette capacité est déjà en place. Des entreprises océaniques canadiennes l’ont construite pour les marchés commerciaux : l’énergie extracôtière, les pêches et l’aquaculture, les ports, le transport maritime et les sciences océaniques. Le portefeuille de près de 170 projets de SOC d’une valeur de près de 700 millions de dollars, offre plus de 300 nouveaux produits et services, dont plusieurs présentent une pertinence évidente pour la bivalence.

De nombreuses entreprises de notre écosystème possèdent des capacités pertinentes, mais elles n’ont pas encore fait de ventes à la défense. Cette lacune est donc une occasion.

Capacité, non pas de l’isolement

La capacité souveraine ne signifie pas construire toutes les composantes au Canada. Cela signifie avoir des entreprises canadiennes qui peuvent concevoir, intégrer, exploiter, entretenir et adapter les systèmes dont nous dépendons. Des partenariats internationaux peuvent renforcer cette capacité lorsqu’ils donnent aux entreprises canadiennes des rôles réels et une expertise durable.

La tâche consiste maintenant à relier des technologies canadiennes spécialisées en capacités complètes et soutenables qui répondent aux besoins opérationnels. Ces capacités doivent être maintenues pendant des décennies, et non pas seulement démontrées une fois.

Éléments qui changent lorsqu’une entreprise océanique entre dans le secteur de la défense

Un produit commercial éprouvé n’est pas automatiquement prêt pour la Défense nationale. Selon l’application et le contrat, les travaux de défense peuvent entraîner des exigences que de nombreuses entreprises océaniques n’ont pas gérées auparavant :

  • Sécurité — marchandises contrôlées, autorisations, cyberprotection et traitement des renseignements sensibles.
  • Chaîne d’approvisionnement : savoir d’où vient chaque composant et rester résilient lorsque les fournisseurs font faillite.
  • Soutien à long terme : pièces de rechange, gestion de l’obsolescence et contrôle de la configuration pour les systèmes qui peuvent rester en service pendant 20 ou 30 ans.
  • Formation et documentation — cours et manuels conçus selon des normes militaires.
  • Travailler avec des entrepreneurs principaux — répondre aux exigences de qualification des fournisseurs et comprendre les engagements en matière d’avantages industriels et technologiques.

Il ne s’agit donc pas là uniquement d’une question de paperasserie. Ce sont des capacités à part entière, et elles nécessitent du temps, des personnes qualifiées et des investissements. Peu de petites et moyennes entreprises peuvent les construire seules. Ces capacités sont également ce qui transforme un bon produit en une partie d’une plate‑forme plus grande. SOC aide les membres à bien comprendre les exigences de la participation et à développer les capacités pour favoriser une réussite.

Les entreprises plus fortes sont mieux positionnées pour apprendre

La décision de poursuivre ou non des travaux pour la défense est prise par chaque entreprise. Les entreprises commercialement solides sont mieux placées pour faire ce choix et y donner suite. Parce qu’ils ne dépendent pas des revenus de la défense, ils ont la possibilité d’apprendre les exigences, de bâtir de nouvelles capacités et d’absorber les coûts d’entrée sans miser sur un seul résultat.

Ces investissements peuvent également renforcer leurs activités commerciales : des chaînes d’approvisionnement sûres, un soutien fiable et une ingénierie disciplinée aident les entreprises à être concurrentielles à l’échelle mondiale.

Le résultat; les entreprises canadiennes ont plus d’options : elles sont en mesure de servir ses clients actuels, de concurrencer à l’échelle internationale et de contribuer à la capacité souveraine du Canada là où leurs technologies conviennent aux besoins.

Personnes, lieux et communautés

En tant que grappe océanique nationale du Canada, SOC compte plus de 1 000 membres et projets sur les trois côtes et elle travaille aux côtés de centres d’excellence régionaux. Cette portée est importante lorsque les systèmes dont dépend le Canada sont répartis sur les mêmes eaux.

Les communautés autochtones et nordiques occupent une place centrale dans ce travail. Ils vivent le long des côtes où une grande partie de cette technologie fonctionnera, et ils ont le savoir de ces eaux, savoir qu’aucun capteur ne remplace. La propriété autochtone, les emplois et les compétences dans la chaîne d’approvisionnement des technologies océaniques renforcent à la fois ces communautés et la capacité du Canada. SOC relie donc les communautés de savoir sur les trois côtes, y compris les communautés autochtones, les chercheurs et l’industrie, et elle travaille avec des parties prenantes de l’Arctique sur ce à quoi devrait ressembler la capacité durable.

Adéquation de SOC

Dans le domaine de la défense, les entreprises doivent comprendre la façon dont leurs technologies s’intègrent dans les plates-formes, les systèmes intégrés et les organisations de soutien dont dépendent les clients de la défense. SOC les aide à trouver les bons partenaires et à établir ce lien.

Le protocole d’entente nous donne un cadre pour en faire plus ensemble : réunir des communautés océaniques et de défense dans la même pièce, montrer à la Défense nationale ce que les entreprises canadiennes peuvent déjà faire, et ouvrir la porte aux pilotes et aux démonstrations. Les mêmes capacités qui renforcent la défense et la sécurité font également progresser la science de nos océans.

L’objectif est simple : plus d’entreprises océaniques canadiennes plus fortes, plus sécuritaires et prêtes à faire face à la concurrence, au pays et à l’étranger. Par conséquent, nous serions de plus heureux d’avoir de vos nouvelles si vous êtes un membre de SOC évaluant la possibilité d’inclure la défense dans votre avenir.

De : James Craig , directeur du développement, Supergrappe des océans du Canada