Journée nationale despeuples autochtones 2026

Ayant grandi à Gesgapegiag (ce qui se traduit par « là où la rivière s’élargit »), une communauté mi’kmaw située sur la rive sud de la péninsule gaspésienne au Québec, cette communauté a profondément façonné ce que je suis à la fois en tant qu’artiste et en tant que personne. Se trouvant à l’embouchure de la rivière Cascapédia le long de la baie des Chaleurs, il s’agit d’un endroit incroyablement beau, encadré par les Appalaches d’un côté et l’océan de l’autre côté.

L’air transporte l’odeur de l’herbe douce et de l’océan le long du rivage de ma collectivité, lieu où l’eau salée rencontre l’eau douce. Ce paysage a été la plus grande influence de mon œuvre. Mes palettes de couleurs sont ainsi inspirées par les saisons changeantes; les tons riches de l’automne, les arbres et les couchers de soleil qui s’étendent à travers les montagnes juste au-delà de la fenêtre de ma chambre. Les verts et les bleus profonds des rivières et des océans sont d’ailleurs devenus mes couleurs préférées. Ils reflètent à la fois la terre et les eaux qui m’entourent.

Être élevé Mi’kmaw m’a inculqué un profond respect pour la nature. On m’a enseigné à toujours rendre grâce au Créateur pour la beauté et les dons qui nous entourent, et à prendre soin de la terre, des eaux et de tous les êtres vivants en eux. Ces enseignements sont enracinés dans l’intendance autochtone, comprenant que nous ne sommes pas distincts de la nature, mais que nous en faisons partie, et également que nous avons la responsabilité de la protéger et de la soutenir pour les générations futures.

Maintenant que je vis en Nouvelle-Écosse, mon lien avec l’océan s’est renforcé davantage. La côte atlantique ici semble vaste et puissante, avec son mouvement constant, ses marées changeantes et son horizon sans fin. L’océan de la Nouvelle-Écosse apporte une présence enracinante : le rythme des vagues, l’air salé, et le sentiment de se tenir au bord de quelque chose d’ancien et de vivant. Cela me rappelle la maison tout en approfondissant ma connexion avec le monde entier.

Je ressens une forte attirance à me trouver près de l’eau. L’océan a toujours été un lieu de guérison pour moi. En période de deuil, surtout après la perte récente de membres de ma famille, je retourne sur le rivage, offrant mes larmes à l’eau et laissant la marée emporter cette douleur.

Alors que je repense à ce travail dans le contexte du 30e anniversaire, je me souviens de l’importance durable de nos océans et du rôle qu’ils jouent dans notre avenir collectif. Pour les peuples autochtones, l’océan n’est pas seulement une ressource, mais c’est également un parent, quelque chose qui doit être respecté, protégé et honoré. Mon travail témoigne de cette relation, attirant l’attention sur l’urgence de protéger les océans et sur la force des systèmes de connaissances autochtones qui guident depuis longtemps un mode de vie durable.

Marcher sur ces rivages m’a aussi beaucoup appris sur moi-même. Cela a approfondi ma compréhension de la responsabilité, de la résilience et de la connexion, renforçant l’importance de protéger ce que nous avons et honorant la relation entre la terre, l’eau et l’esprit pour les générations à venir.

De : Jessica Jerome, artiste mi’kmaq bispirituelle de Gesgapegiag au Québec, œuvrant maintenant en Nouvelle-Écosse. Jessica est une artiste visuelle/ graphiste et illustratrice indépedante. Elle crée des œuvres pluridisciplinaires mêlant des images mi’kmaw contemporaines et traditionnelles, inspirées par les rêves, la nature, la culture, et ce, largement au niveau régional.