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SOC en 2025 : Tracer la voie vers 2035

Alors que les fêtes semblent maintenant un lointain souvenir, la nouvelle année commence bien avec de nouvelles propositions de projets passionnants en pleine élaboration, l’annonce de nouveaux projets en cours et la planification en plein essor de notre Sommet bisannuel Ambition 2035, où nous sommes impatients de réunir le réseau océanique du Canada pour l’une des plus importantes occasions de notre époque.  

2025 est une année des plus importante. Elle marque les 10 années de notre ambition collective de croissance de 5 fois pour l’économie océanique du Canada, dans le contexte d’une économie océanique mondiale en hausse, qui devrait dépasser l’ensemble de l’économie d’ici 2030. Et alors que le Canada trace la voie à suivre, l’économie océanique constitue un moteur important du potentiel de croissance économique, de nouveaux emplois, d’augmentation de la productivité et de la compétitivité, de collectivités prospères et d’accélération du développement d’un plus grand nombre de technologies océaniques créées au Canada à des fins de commercialisation dans le monde entier. SOC est l’une des plus grandes grappes bleues au monde comptant 800 membres répartis à travers le Canada ainsi que des membres associés dans le monde entier. Avec cette lancée derrière nous, le moment est maintenant venu.

À ce jour, nous avons annoncé et approuvé une valeur de plus de 500 millions de dollars en projets avec des partenaires et des collaborateurs de différents secteurs océaniques à travers le pays. Ce mois-ci, nous avons annoncé de nouveaux projets totalisant plus de 9 millions de dollars lors d’un événement tenu à The Pier à Halifax. Parmi ces projets, on retrouve le projet Plateforme amphibie robotique à distance UWILD et le projet Trousse à outils d’automatisation des navires alimentée par l’IA de Marine Thinking, d’une valeur combinée de 4,7 millions de dollars. Nous avons aussi annoncé le projet IA de prévision de MarineLabs d’une valeur de 4,5 millions de dollars. D’autres annonces de projets sont prévues à Ottawa en février et à Vancouver en mars.

Nous serons présents à un certain nombre d’événements clés au Canada et sur les marchés mondiaux que vous avez identifiés comme prioritaires. Ainsi, au cours des prochaines semaines, nous participerons à une séance sur l’innovation dans l’océan Arctique lors de la conférence Aqsarniit à Ottawa, à un volet sur l’océan dédié à la conférence Canada en Asie à Singapour, à un partenariat pour des séances à Ocean Visions à Vancouver et à Hannover Messe en Allemagne dans le cadre de la programmation du pays hôte du Canada.  

Notre grand événement bisannuel, le Sommet Ambition 2035, mettra l’accent sur les mesures à prendre pour atteindre notre objectif collectif de faire passer l’économie océanique du Canada à 220 milliards de dollars d’ici 2035. On y présentera les résultats de la recherche, de rapports et de la planification par les comités directeurs nationaux dans des domaines clés de la croissance, les commentaires d’experts mondiaux et un regard sur les nouvelles occasions émergentes, ainsi qu’un concours qui sera bientôt lancé pour les entreprises en démarrage et les entreprises bien établies. Surveillez nos annonces!

Si vous n’êtes pas encore membre de SOC, c’est maintenant le moment de vous impliquer. Écrivez à membership@oceansupercluster.ca ou consultez la page Adhésion – Supergrappe océanique du Canada . Nous serons ravis de discuter avec vous!

Si vous avez une idée de projet, nous continuons à accepter des propositions de projet par le biais de notre programme de base continu d’admission. Veuillez communiquer avec nous pour commencer le processus d’adhésion!

De : Kendra MacDonald, Directrice générale, Canada’s Ocean Supercluster

Talent de l’océan : le point de vue d’un étudiant

Rhian Wallace, Ambassadeur en résidence de l’IA, Supergrappe des océans du Canada

Alors que je tentais de faire un choix parmi les annonces de programmes coopératifs disponibles pour mon diplôme universitaire, j’ai été confrontée à une mer de possibilités de financement et de programmes, mais aucun d’entre eux ne m’attirait vraiment. Donc, quand j’ai vu la publication de Supergrappe des océans du Canada (SOC), c’était comme si j’avais trouvé une aiguille dans une botte de foin. Je ne savais toutefois pas s’il y aurait une option où je pourrais aligner mes intérêts en matière de gérance de l’environnement, d’analyse des données et de communication, mais c’était bien le cas. Bien que mon domaine d’étude soit les statistiques et les études environnementales, la possibilité de travailler dans l’économie bleue ne faisait pas partie de mes pensées. En fait, je ne savais même pas que le terme « économie bleue » existait jusqu’à mon premier jour chez SOC.

J’ai été grandement surprise en ce premier jour lorsque j’ai été invitée à me rendre à un événement en personne, soit la conférence Ambition 2035 de SOC tenue à Victoria. Alors que j’écoutais les discussions, ils ont commencé à aborder le sujet des talents dans le secteur des océans. Les gens dans la salle disaient : « oui, il y a des emplois ici, mais les étudiants ne pensent pas à nous. » À leur insu, ils parlaient de moi. C’est-à-dire des gens comme moi, des étudiants qui ne pensent pas au secteur des océans lorsqu’ils envisagent des parcours de carrière. Sachant ce que je sais maintenant au sujet de l’économie océanique, en plus de mon expérience personnelle dans des activités professionnelles en tant qu’étudiant, je ne pouvais qu’être d’accord. Le Canada est le plus grand pays côtier au monde, avec le quatrième plus grand territoire océanique et littoral sur trois de ses quatre frontières, et pourtant, je pensais que les carrières océaniques n’étaient réservées qu’aux personnes suivant des études marines.

Depuis ce temps, j’ai eu une expérience incroyablement révélatrice dans le cadre de mon travail chez SOC. J’ai eu l’occasion d’en apprendre davantage sur le travail des innovateurs océaniques canadiens et de réfléchir aux systèmes conçus pour les soutenir. Mon rôle en tant qu’ambassadrice de l’IA de SOC m’a donné une perspective unique sur le potentiel de l’IA pour le secteur océanique et a suscité ces intérêts dans de multiples domaines.

Professionnellement, j’ai vu non seulement le grand nombre de possibilités de carrières océaniques, mais aussi la diversité des compétences nécessaires pour développer une économie océanique durable. Rien qu’au cours du dernier mois, j’ai recommandé de considérer la possibilité d’un travail dans le secteur océanique à trois de mes amis à la recherche d’un emploi qui envisagent tous des parcours de carrière très différents (développement de logiciels, administration et gestion de projet).

Même si j’ai vécu presque toute ma vie dans des villes côtières, je n’aurais jamais imaginé que j’avais les compétences appropriées à l’industrie océanique. Maintenant que je l’ai expérimenté, j’ai vu bon nombre des compétences nécessaires et la pléthore d’emplois disponibles.

Mon séjour en tant qu’étudiante inscrite à un programme coopératif de SOC m’a montré que travailler dans l’industrie océanique ne signifie pas nécessairement être biologiste marin ou pêcheur, mais cela peut signifier soutenir un impact positif sur les interactions entre l’homme et la nature et favoriser les systèmes d’intendance et de durabilité en utilisant mes compétences et mes intérêts.

Journée nationale de la vérité et de la réconciliation

Depuis l’année 2021, le 30 septembre est reconnu comme étant la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Il s’agit d’une journée en hommage aux enfants qui ne sont jamais revenus chez eux, aux survivants des pensionnats, ainsi qu’à leurs familles et à leurs communautés. La reconnaissance et la commémoration de l’histoire douloureuse et des impacts continus des pensionnats constituent un élément essentiel de la vérité et de la réconciliation. Nous avons tous la responsabilité d’apprendre et de comprendre cet impact, et ce que nous pouvons faire pour montrer notre soutien et agir.

Le pouvoir de la diversité dans la conservation des océans

De : Serena Nguyen (elle) Fondatrice, DG et consultante principale Evolve Oceans

J’ai assisté au début de cette année à plusieurs conférences sur les océans, dont la Décennie des Nations Unies pour les océans, le World Ocean Summit & Expo, H2O et Oceanfest. Bien que ces événements furent des plus inspirants et instructifs pour les personnes présentes, il me semblait que quelque chose clochait.

En y repensant, je me suis rendu compte que lors de ces événements et les nombreuses discussions en petits groupes avec des leaders engagés à aborder des questions urgentes reliées aux océans, il y avait très peu de personnes qui me ressemblaient… il n’y avait que peu ou pas d’autres personnes de couleur et une diversité de genres ou de cultures limitée sur scène ou dans les salles. Nous avons discuté de l’importance de notre océan et de sa biodiversité, mais de nombreuses voix, points de vue et expériences manquaient à la conversation.

Les parallèles entre la diversité humaine et la biodiversité des océans ne sont pas seulement intéressants, ils sont cruciaux. Notre océan, qui couvre 80 % de la planète, abrite d’innombrables formes de vie dont beaucoup sont encore inconnues. La diversité de ces formes de vie est vitale pour la régulation du climat, la sécurité alimentaire et la production d’oxygène. Toutefois, face à des menaces telles que le changement climatique, la surpêche, la pollution et la destruction des habitats, il est clair que nous devons faire davantage. Nous devons pleinement intégrer la diversité des points de vue, des connaissances et des pratiques culturelles humaines pour développer des solutions efficaces pour protéger notre océan.

Par exemple, des générations de peuples autochtones et de communautés côtières ont développé un lien profond et durable avec l’océan. Leurs connaissances traditionnelles et leurs pratiques durables ont ainsi préservé des écosystèmes marins pendant des millénaires. Les Maoris de la Nouvelle-Zélande et les peuples autochtones du Pacifique Nord-Ouest ont géré leurs ressources côtières de manière durable; les populations et les habitats de poissons sont maintenant sains. Un rapport des Nations Unies de 2021 a révélé que les peuples autochtones gèrent ou détiennent des droits fonciers sur plus de 25 % de la surface terrestre mondiale, soutenant ainsi 80 % de la biodiversité mondiale. Malgré leurs contributions inestimables, ces communautés sont souvent marginalisées dans la conservation des océans, les sciences et les politiques.

Pour faire des progrès significatifs dans nos efforts de croissance, d’innovation et de protection de la santé des océans et de l’économie bleue, nous devons donc sortir de nos chambres d’écho et inclure des expériences, des compétences et des perspectives plus diverses. Cela ne pourra se produire tant que moi et d’autres comme moi devrons nous battre pour être admis dans ces salles.

L’intersection de la diversité humaine et de la biodiversité océanique n’est pas seulement une question d’inclusion, mais aussi de survie. Alors que nous sommes confrontés à des défis environnementaux sans précédent, il est crucial de tirer parti de l’éventail complet des connaissances et de l’expérience humaines pour développer des solutions durables. Nous pouvons créer les solutions nécessaires pour des écosystèmes plus résilients et prospères, tant dans les océans que sur terre, en valorisant et en intégrant les contributions de toutes les communautés et de tous les secteurs.

Ainsi, la prochaine fois que vous vous demanderez de quelle façon vous pouvez contribuer à l’océan, sachez que votre point de vue, vos expériences et vos compétences variées peuvent aider à créer la prochaine solution essentielle requise pour protéger notre océan et toute vie sur terre.

Il est maintenant temps d’apporter plus de diversité dans l’économie bleue. Désirez-vous vous joindre à moi?

Tracer un avenir durable alors que nous célébrons nos partenaires, nos fondateurs et le lancement de la troisième phase du projet Startup des Océans

De : Dr. Paula Mendonça (elle) Directrice générale, Projet Startup des Océans

Notre vision collective de l’économie océanique du Canada est audacieuse ; atteindre une cible de croissance de 5 fois d’ici 2035. Cela nécessitera des solutions novatrices de la part d’entreprises de toutes tailles, y compris des entreprises en démarrage qui repensent la façon dont nous pouvons créer un avenir plus durable. Alors que le projet Startup des Océans entre dans sa phase Trois, nous sommes ravis de célébrer les réalisations remarquables de nos fondateurs et de nous projeter dans les impacts d’entreprises émergentes.

Il n’y a pas si longtemps, des leaders de l’innovation et de l’écosystème technologiques de toutes les provinces de l’Atlantique se sont rencontrés pour discuter de la meilleure façon de collaborer et de soutenir les entreprises en démarrage dans le secteur des océans. Ils ont ainsi reconnu que la création de plus d’entreprises océaniques en démarrage pourrait contribuer de manière significative à l’économie océanique du Canada et de l’ensemble de l’économie bleue internationale. Cette compréhension, combinée à une volonté de collaboration, a mené à la création du projet Startup des Océans en 2020. Il s’agit d’une initiative lancée en vertu de Supergrappe des océans du Canada. Nos partenaires initiaux comprenaient Genesis de Terre Neuve-et-Labrador, Springboard Atlantic et Invest Nova Scotia (alors Innovacorp), Prince Edward Island BioAlliance, New Brunswick Innovation Foundation, Creative Destruction Lab et les gouvernements fédéral et provinciaux. Notre mandat était clair et continue de l’être : nous faisons du Canada le meilleur endroit au monde pour lancer et faire croître une entreprise océanique.

J’ai été ravie d’être intégrée au projet pour travailler avec le directeur général précédent et l’équipe au début du projet, alors que de nouvelles initiatives et de nouveaux programmes étaient rapidement développés et lancés (même au milieu d’une pandémie mondiale). Maintenant que je suis la nouvelle directrice générale, j’ai le plaisir de travailler encore plus étroitement avec ces personnes possédant de grandes connaissances qui sont vraiment engagées dans le succès des innovateurs océaniques au début de leurs activités.

L’écosystème de démarrage océanique du Canada a rapidement pris un élan impressionnant et, en 2022, nous avons élargi notre champ d’action de l’Atlantique à l’échelle nationale afin de soutenir davantage d’innovateurs océaniques de partout au pays. Nous avons alors accueilli de nouveaux partenaires tels que le Centre for Ocean Applied Sustainable Technologies (COAST) de la Colombie-Britannique et Technopole maritime du Québec (TMQ) du Québec.

Nous avons également vu émerger diverses organisations et pôles axés sur les océans à travers le pays. Le soutien croissant envers l’innovation océanique est un puissant signe que les entreprises océaniques en démarrage et les technologies durables qu’elles développent jouent un rôle de plus en plus important dans l’atténuation des répercussions des changements climatiques, l’amélioration de la santé des océans et, bien sûr, dans le renforcement de l’économie océanique du Canada. 

Nous mesurons notre succès par les réalisations de nos entreprises en démarrage. Ainsi, en seulement quatre ans, nous avons des histoires incroyables des 184 équipes d’entreprises en démarrage que nous avons soutenues. Nous avons vu des entreprises comme On Deck Fisheries (C.-B.), CORSphere (T.-N.-L.), Scient (N.-É.) et Coastal Carbon (ON) utiliser l’IA pour favoriser une croissance durable des océans et recevoir un financement important de Supergrappe des océans du Canada. 

Nos entreprises en démarrage ont recueilli plus de 20 millions de dollars et créé plus de 375 emplois. Elles ont aussi participé à divers programmes d’accélération nationaux et internationaux et elles ont émergé en tant que leaders dans le secteur océanique. Elles viennent ainsi inspirer la prochaine génération d’innovateurs d’entreprises océaniques en démarrage.

Alors que nous regardons vers l’avenir, notre vision reste audacieuse : Le Canada est et continuera d’être le meilleur endroit pour démarrer et faire croître une entreprise océanique en démarrage. Avec les côtes les plus longues du monde, nous avons un accès inégalé à nos magnifiques eaux. Nos partenaires de partout au pays s’engagent à soutenir notre travail et à collaborer pour créer des programmes et des initiatives qui garantissent que notre écosystème de démarrage océanique est connecté, prospère et en cours de devenir autonome. Cela nous permettra à tous, partout dans le monde, de récolter les fruits du travail innovant réalisé par les entreprises océaniques en démarrage aujourd’hui et à l’avenir.

Merci à nos partenaires et fondateurs en début d’activités ainsi qu’à toutes les personnes impliquées dans ce parcours. Ensemble, nous faisons des vagues dans l’industrie des technologies océaniques. Continuons à repousser les limites et à innover pour favoriser un avenir durable.

Expédition scientifique océanique dirigée par des Mi’kmaq

De : Ken Paul (Il/Lui/Necom) Directeur / Propriétaire Pokiok Associates

Miawpukek Horizon vient de terminer le 25 juin 2024, une expédition scientifique océanique de 13 jours dirigée par des Mi’kmaq à bord du Oqwatnukewey Eleke’wi’ji’jit (Polar Prince). Ce navire est la propriété de la Première Nation de Miawpukek et de Maritime Horizon. Il s’agit d’un ancien brise-glace de la Garde côtière qui est maintenant utilisé et loué par des organisations scientifiques et des ONG pour effectuer des recherches, de la formation et la collecte de données en mer. 

L’hiver dernier, Miawpukek Horizon avait lancé un plan ambitieux non seulement pour coordonner les partenaires de recherche en vue de la croisière, mais aussi pour obtenir le soutien financier du Ulnooweg Development Group dans le but de créer un environnement d’apprentissage pour les jeunes Mi’kmaq. De jeunes membres de la Première Nation Qalipu, de la Première Nation Miawpukek et de Jr. Canadian Rangers ont ainsi embarqué sur le navire pour chacune des trois étapes de la croisière. La première étape qui a débuté à Stephenville portait sur les fjords de la côte sud. Il s’agit d’une zone d’intérêt pour les chercheurs et les collectivités côtières. Dans ce projet à long terme, on vise à créer une aire marine autochtone protégée et conservée qui est dirigée par la Première Nation Miawpukek. 

La deuxième étape était axée sur la recherche et la collecte de données dans la baie d’Espoir, notamment à l’aide de caméras sous-marines, de prises de fond, de mesures de conductivité/température/profondeur et d’échantillonnages d’eau. Les jeunes ont ainsi participé à la collecte de données à bord du navire et on leur a présenté l’analyse pour leur donner une expérience pratique de la recherche océanique. Nous avons également eu droit à une célébration culturelle communautaire dans la collectivité de la Première Nation de Miawpukek ainsi qu’à un festin comprenant du saumon grillé et du ragoût d’orignal. 

La dernière étape consistait à donner de l’expérience aux Jr. Canadian Rangers en expédition dans la zone de protection marine des îles Funk. L’Université Memorial a réalisé les évaluations sur le site et la croisière s’est terminée à St. John’s le 25 juin.

Incidemment, les projets dirigés par des autochtones dans le secteur des sciences océaniques sont rares. Miawpukek Horizon adopte une approche audacieuse pour favoriser la science dirigée par les Mi’kmaq qui comprendra une approche intégrative de la vision à deux yeux avec les systèmes de connaissances autochtones. L’expédition de juin, dirigée par la première nation de Miawpukek, constitue la première expédition scientifique sur un navire sur la côte sud de Terre-Neuve organisée et réalisée en partenariat par un groupe autochtone au Canada.  La perspective à long terme consiste à préparer les jeunes à des carrières dans le secteur de la recherche océanique, à se concentrer sur les priorités de recherche dans le milieu marin et à poursuivre la recherche et la collecte de données en vue de créer des aires protégées pour les Premières Nations et les collectivités côtières.

Miawpukek Horizon tient à remercier les partenaires suivants, sans qui cette expédition scientifique dirigée par les Mi’kmaq n’aurait pas pu avoir lieu :

• Ocean Networks Canada
• Audubon Society
• PEW Foundation
• Société géographique royale du Canada
• South Coast Fjords Protected Area Committee. 
• Ministère des Pêches et des Océans (T.-N.-L.)
• Marine Institute de l’Université Memorial
• Pokiok Associates

Connectivité mondiale aux algues marines : Un avenir haut en couleur?

De : Phoebe Lewis, chercheuse en sciences marines et designer

Comment une chercheuse du Nord-est de l’Angleterre rencontre-t-elle le PDG de la Pacific Seaweed Industry Association (PSIA)? Dans un petit pub sur la côte ouest de l’Écosse! Mais ce n’est pas par amour du whisky que nous nous sommes rencontrés. C’est plutôt, une obsession (saine) pour les algues marines qui n’a grandi que lors de la conférence de la Scottish Seaweed Industry Association (SSIA) de 2023 qui s’est tenue à Oban au Royaume-Uni.

Après réflexion, la conférence de la SSIA a présenté une collection aussi inspirante d’expertise et de perspectives diverses, mais on y a également souligné à quel point l’industrie des algues marines est vraiment fragmentée. La fragmentation unique de l’industrie des algues marines du Royaume-Uni et du Canada est largement due à sa naissance. Bien que cela puisse sembler un peu décourageant, c’est en fait l’un des aspects les plus passionnants de l’industrie, car nous sommes toujours en mesure d’élaborer son développement. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut dire pour plusieurs autres industries. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai d’abord trouvé les travaux de la PSIA si précieux. Ils ouvrent la voie pour connecter les agriculteurs aux développeurs de produits, aux universitaires, aux ingénieurs, aux écologistes, aux communautés et à tout le monde entre les deux. Le tout réalisé avec la notion de « donnons-nous les moyens d’accomplir ce travail, mais surtout, faisons-le ».

Cinq mois plus tard, j’ai eu la chance de me joindre à Mark Smith, chef de la direction et président de la PSIA sur l’île de Vancouver pour une discussion approfondie sur la côte ouest de l’industrie canadienne des algues marines. Cette occasion est venue après avoir obtenu une bourse de transfert de connaissances décernée par le Collège doctoral de l’Université de Newcastle. Il s’agissait alors d’un petit pas de plus vers la connectivité mondiale des algues marines. Depuis notre arrivée au Canada, Mark et moi avons entrepris un voyage à travers certains paysages à couper le souffle de l’île de Vancouver. Nous y avons rencontré des acteurs et des passionnés de l’industrie pour tracer les voies d’une croissance durable. Cela a été une occasion pour moi, une conceptrice devenue scientifique marin, de bâtir sur mes propres recherches avec des connexions internationales. Je me suis toujours concentrée sur le développement de produits durables qui contribuent à restaurer les écosystèmes marins et les communautés côtières. Plus récemment, cela a impliqué l’extraction de pigments à partir d’algues marines à des fins d’utilisation commerciale dans les teintures textiles.

Alors que chacun des échantillons de couleur sur la photo ci-dessus présente mon propre parcours d’exploration matérielle et de croissance dans la compréhension, il y a encore un grand décalage entre cela et la mise en œuvre d’un produit durable dans une chaîne d’approvisionnement bien définie. Pour aller de l’avant avec ce travail et maintenir l’alignement avec mes préoccupations sur les changements climatiques, je développe un cadre pour évaluer la viabilité de nouvelles sources de pigments en posant deux questions clés : « Peut-on le faire? » et « Faut-il le faire? ». Cette première question consiste à comprendre si l’obtention des pigments est possible et la deuxième question porte sur l’évaluation des impacts sociaux, environnementaux et économiques à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement. L’intégration de ces questions simples dans le contexte plus large des conversations que j’ai

tenues avec les gens pendant mon séjour au Canada a suscité de la créativité et de nouvelles idées pour la PSIA. L’une des idées sur lesquelles Mark et moi travaillons ensemble consiste à connecter les voix de l’industrie et à créer une plateforme pour présenter des histoires qui composent ce mélange très éclectique d’innovations, de possibilités et de passions durables. Surveillez les développements au cours de cette année!

Je suis très reconnaissante d’avoir été à ce pub d’Oban l’année dernière et de travailler maintenant aux côtés de la PSIA très dévouée. Les conversations ont été très encourageantes jusqu’à présent pour constater un tel désir de collaborer et de partager des connaissances dans le cheminement vers un objectif commun, soit de construire ce que nous espérons être une industrie sûre et durable, connectée à l’échelle mondiale, qui protège la biodiversité et responsabilise les communaut

Faire croître l’économie bleue

Kendra MacDonald, PDG, Supergrappe des océans du Canada

En tant que directrice générale de Supergrappe des océans du Canada, je suis continuellement confrontée à une réalité frappante : Le Canada, le pays doté du plus long littoral au monde, ne retire actuellement qu’environ la moitié de la valeur moyenne mondiale de son économie océanique. La reconnaissance de cette sous-utilisation représente une occasion importante d’amélioration, non seulement sur le plan économique, mais aussi pour l’accroissement du bien-être de notre planète. 

Récemment, lors d’une entrevue à Podcast Insights avec Don Mills et David Campbell, j’ai eu l’occasion d’explorer un certain nombre de sujets, dont l’ambition collective pour le Canada que nous avons lancée l’an dernier, soit Ambition 2035. Cette plateforme nationale est conçue pour rassembler le réseau océanique du Canada autour du potentiel de croissance de 5 fois de l’économie océanique durable du Canada d’ici l’an 2035. 

Les possibilités de l’océan en Afrique

Kendra MacDonald, PDG, Supergrappe des océans du Canada

La semaine dernière, j’explorais mes options pour la conférence Ocean Innovation Africa (Innovations océaniques d’Afrique).  Faisant suite à plusieurs conversations avec différents groupes et leaders des océans en Afrique, j’avais hâte de me joindre à eux en personne pour cette conférence qui en est à sa cinquième édition. Pendant la Covid, j’avais assisté virtuellement à cette conférence, mais l’occasion d’y être en personne était essentielle pour faire progresser certains des liens et conversations déjà entamés. 
J’ai pu vivre une variété d’expériences tout au long de la semaine, allant de présentations jusqu’à des ateliers, en passant par le jumelage et le réseautage dans une propriété historique et enfin, une visite d’étude qui comprenait une ferme de varech, un déjeuner aux algues, la gestion des eaux usées et la réhabilitation des tortues. C’était passionnant d’explorer les solutions océaniques en cours d’élaboration et de déploiement et aussi d’avoir des conversations sur des domaines où le Canada offre des solutions complémentaires.  On y comptait des centaines de participants venus de toute l’Afrique et du monde entier. 

Je retiens beaucoup de leçons de mon séjour à Ocean Innovation Africa, ainsi que des possibilités pour nous d’apprendre les uns des autres et les uns sur les autres. En voici quelques-unes : 

  • Communauté :  Bien que l’Afrique du Sud soit très loin d’Iqaluit, j’ai entendu de nombreux thèmes à cette conférence qui étaient très semblables à ceux dont nous avons parlé à notre table ronde dans le Nord le mois dernier; soit l’importance de la communauté, des pratiques durables, de la sécurité alimentaire et de la réflexion à long terme. De nombreuses discussions ont porté sur la valeur des connaissances autochtones, sur la façon de s’assurer qu’elles sont comprises ainsi que la façon de bien dimensionner les projets pour les communautés.  Enfin, un accent a été mis sur l’importance de la consultation, en prenant le temps de comprendre les communautés avant de proposer des solutions.  Alors que je crois fermement en la puissance de la technologie, de nombreuses solutions à faible technicité peuvent aussi créer un impact positif pour une communauté et s’étendre à d’autres. 
  • Talents : L’Afrique compte la population la plus jeune et la plus forte croissance au monde, qui devrait presque doubler d’ici 2050.  J’ai été impressionnée par l’énergie et la passion démontrées lors de la conférence, à partir des entreprises en démarrage jusqu’aux ONG en passant par les investisseurs cherchant à faire croître l’économie océanique pour l’Afrique en créant une prospérité économique et en construisant des solutions durables pour favoriser une planète et un océan plus sains.  Ceux qui ont eu l’occasion de présenter leurs solutions les ont adaptées à la communauté et à l’environnement locaux.  En même temps, le taux de chômage de l’Afrique du Sud dépasse les 30 pour cent. Il s’agit donc d’un défi important à relever alors que la population continue d’augmenter. 
  • Biodiversité : Tout au long de la semaine, nous avons été exposés à l’énorme biodiversité en Afrique du Sud. À partir des algues jusqu’aux forêts de varech, en passant par les requins, les manchots, les phoques et les tortues, nous nous sommes souvenus de l’énorme impact négatif que nous avons sur notre planète, car bon nombre de ces espèces sont menacées; ce qui a renforcé le lien important entre un océan sain et la prospérité économique.  L’Afrique du Sud se concentre de plus en plus sur l’Antarctique et l’océan Austral ainsi que sur les impacts du changement climatique alors que nous continuons de nous concentrer davantage sur l’Atlantique Nord et l’Arctique. 
  • Collaboration : Tout au long de la conférence, nous avons eu droit à de nombreuses occasions de réseautage.  J’ai été impressionnée par le nombre de conversations visant à fournir du soutien, du mentorat et de nouveaux contacts et moyens à explorer.  Il y a beaucoup plus de possibilités de collaboration avec le Canada, et je suis reconnaissante du soutien du délégué commercial du Canada dans l’identification des réunions et des occasions de relations. 

Alors que j’étais assisse dans le noir dans un restaurant jeudi alors que Cape Town connaissait des pannes de courant importantes et répétitives, je me suis rappelé que si l’Afrique a de nombreuses possibilités, elle est également confrontée à de nombreux défis, notamment la corruption, la pauvreté, la santé et l’éducation. Cela me ramène à mon premier point, il s’agit de créer les bonnes solutions qui conviennent à la communauté. Alors que nous apportons nos solutions du monde entier à l’Afrique pour essayer d’aider, nous devons nous souvenir de ces facteurs. 

Une chose est certaine, on peut s’attendre à beaucoup plus de l’écosystème océanique en Afrique, ils ne font que commencer et nous avons un rôle à jouer en tant que collaborateurs et partenaires mondiaux.

Actions et réactions: l’avenir de l’économie océanique durable dans l’Arctique

Kendra MacDonald, PDG, Supergrappe des océans du Canada

J’ai eu l’occasion de passer du temps dans l’Arctique au cours des deux dernières semaines pour explorer les possibilités et les défis.Ainsi, la semaine dernière, nous avons tenu notre premier atelier Innovation océanique pour un Arctique durable à Iqaluit au Nunavut grâce à la précieuse assistance de partenaires locaux, dont notre partenaire hôte, Qikiqtaaluk Corporation. Cette semaine, j’ai assisté à la conférence Arctic Frontiers à Tromso en Norvège.Le thème de la conférence était Actions et réactions; notre responsabilité d’être proactifs dans la construction de l’avenir de l’Arctique malgré les défis auxquels nous sommes confrontés.
 
Ces deux événements furent pour moi une occasion importante d’entrer en contact avec les communautés du Nord, pour écouter et mieux comprendre les possibilités et les priorités de l’océan. Nous avons entendu les vues du gouvernement, des collectivités, des ONG, des chercheurs et de l’industrie et nous avons axé les discussions sur les possibilités importantes dans l’Arctique, mais aussi sur les défis importants.
 
Bien qu’il y ait certainement beaucoup de différences entre les nations arctiques, j’ai été frappée par la cohérence de plusieurs des messages au cours des deux dernières semaines, dont :
 

  • L’Arctique est confronté à des défis uniques : on y subit des conditions météorologiques difficiles, les collectivités sont petites, éloignées et dispersées, les coûts d’exploitation et de développement sont très élevés et on y trouve des lacunes en matière d’infrastructure et de données. En même temps, les collectivités du Nord ont une longue histoire et une longue expérience de ces défis et on peut apprendre beaucoup de leurs expériences. Les défis offrent des possibilités; des approches et des solutions innovantes s’avèrent donc nécessaires.  L’Arctique a besoin d’une réflexion à long terme et d’engagements de financement et de partenariats à long terme.
  • Climat : L’Arctique se réchauffe au moins 4 fois plus vite que le reste de la planète.  Un conférencier a d’ailleurs parlé de l’Arctique comme du canari dans la mine de charbon; ce qui nous a donné un aperçu des effets du climat sur le reste du monde.  L’accent a été mis sur les changements de la glace de mer, la perte de biodiversité, les écosystèmes vulnérables et les répercussions significatives sur les modes de vie traditionnels.  Toutes les solutions apportées doivent être durables.  Compte tenu de l’urgence des défis climatiques, comment agir rapidement, mais avec respect?
  • Les solutions ou les programmes doivent être conçus et dirigés conjointement avec les communautés : nous l’avons entendu tout au long des deux semaines. Chaque communauté est différente et les solutions doivent correspondre à leurs véritables besoins. Nous devons cependant équilibrer la participation des communautés et leur sursollicitation. La communication avec les communautés doit être culturellement pertinente. Les priorités des collectivités peuvent dépendre de la saison et les organismes qui souhaitent travailler avec elles doivent bien comprendre ces priorités. Les connaissances traditionnelles au sein des collectivités doivent être respectées et peuvent apporter une valeur significative à tout partenariat.  Un dialogue continu doit se poursuivre avec ceux qui considèrent l’Arctique comme leur foyer, soit les communautés autochtones qui sont des partenaires et des titulaires de droits. Il ne doit pas s’agir uniquement de consultations auprès de parties prenantes réalisées par principe.  Par exemple, en examinant les possibilités offertes par la pêche côtière, cela est important à la fois pour la sécurité alimentaire et pour les débouchés commerciaux, et les solutions doivent être codirigées par les communautés. Les solutions doivent tenir compte des défis plus vastes auxquels les communautés sont confrontées, notamment la sécurité alimentaire, les garderies, le logement, les soins de santé et l’éducation.  Comme plus d’un conférencier autochtone l’a dit, « rien à notre sujet sans nous impliquer ».
  • Lacunes importantes dans les données – il est difficile pour les décideurs de prendre les bonnes décisions sans avoir accès aux données.  On retrouve peu de données de base, une pénurie de plateformes d’échange de données accessibles au public, une absence d’interopérabilité des ensembles de données actuelles, ainsi que de capacités et de formations sur la visualisation des données brutes. Il s’agit d’un défi important dans l’Arctique.  La connaissance doit être au centre des décisions. Il est nécessaire de tirer parti de la technologie pour recueillir plus de données, mais on a également été rappelé que la collecte de données ne devrait pas être extractive; que les entreprises et les chercheurs doivent être conscients des principes CARE; que les données devraient être pour le bénéfice collectif des peuples autochtones; les peuples autochtones devraient avoir l’autorité pour contrôler les données; les personnes qui travaillent avec les données ont la responsabilité de partager la façon dont ces données sont utilisées; et les données devraient être utilisées de manière éthique avec les droits des peuples autochtones et leurs préoccupations principales. L’intelligence artificielle présente de nombreuses possibilités pour appuyer une meilleure prise de décision, mais c’est plus difficile avec des données manquantes.
  • Accroître l’accès – la fonte de la glace de mer accroît l’accès aux voies de navigation et aux ressources naturelles.  L’accent est mis sur le maintien de la paix dans l’ensemble du Nord, mais il y a aussi des risques avec la Russie en tant qu’intervenant clé dans l’Arctique.  La réglementation joue un rôle important pour assurer une activité appropriée dans le Nord et la gouvernance de l’Arctique continue d’évoluer.
  • Une valeur significative passe par l’amélioration de l’innovation collaborative en rassemblant les gens là où les idées se produisent. De plus, cela crée des possibilités d’offrir de nouvelles solutions technologiques pour soutenir les connaissances traditionnelles.

Nous espérons que les discussions commencées à Iqaluit continueront de se développer en possibilités de collaborer dans l’Arctique d’une manière qui profite aux communautés de l’Arctique. Plus de la moitié du littoral du Canada se trouve dans l’Arctique. Des relations significatives avec les collectivités inuites sont donc essentielles à la réalisation d’Ambition 2035 pour notre économie océanique. Alors que nous travaillons pour atteindre un potentiel de croissance de 5 fois dans les océans, il est plus important que jamais que nous comprenions d’abord les possibilités uniques qui s’offrent aux trois océans et que nous devons trouver des moyens de travailler ensemble pour offrir des solutions importantes aux collectivités, tout en générant des possibilités économiques importantes.